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De la dépendance à l’autonomie : repenser les évacuations sanitaires en Guinée

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🔷[Par Ousmane Boh Kaba] Ahmed Sékou Touré, le premier président de la République de Guinée, est décédé à Cleveland, aux États-Unis, le 26 mars 1984, après avoir été évacué pour y recevoir des soins médicaux. Son successeur, Lansana Conté, a également été évacué à plusieurs reprises pour des traitements médicaux, notamment à La Havane, à Cuba, et au Maroc. Dadis Camara, quant à lui, a été évacué au Maroc après une tentative d’assassinat en décembre 2009. Sékouba Konaté et Alpha Condé se soignent respectivement en France et en Turquie. De nombreux Guinéens sont également évacués chaque jour vers des pays tels que le Maroc, le Sénégal, la Tunisie ou encore la Côte d’Ivoire, qui étaient au même niveau de développement que la Guinée à l’indépendance.

Plus récemment, lors du procès de Kassory Fofana, ancien Premier Ministre de la Guinée, son médecin traitant a déclaré à la barre que son état de santé nécessite une surveillance médicale et a recommandé son évacuation sanitaire dans un lieu spécialisé. Cette situation souligne encore davantage la réalité de ces évacuations sanitaires impliquant les dirigeants guinéens.

Il est important de reconnaître que chaque individu a le droit de choisir les services qu’il souhaite pour lui-même et pour sa famille, y compris la santé et l’éducation. Plutôt que de contraindre spécifiquement nos dirigeants à utiliser les services de santé et d’éducation de notre pays, il serait plus constructif de chercher à améliorer nos propres services en encourageant la coopération internationale et l’échange de bonnes pratiques.

Cependant, ces évacuations sanitaires fréquentes sont comme des graines qui s’envolent vers des terres étrangères, privant ainsi la Guinée de la possibilité de cultiver ses propres infrastructures de santé. Les ressources financières qui pourraient être investies dans la construction et la modernisation des hôpitaux locaux sont détournées vers des dépenses à l’étranger. Cela crée un cercle vicieux où le manque d’investissement entrave le développement du secteur de la santé, entraînant une dépendance continue aux soins à l’étranger.

Ces évacuations sanitaires ne sont pas un problème isolé, mais révèlent une tendance plus large dans d’autres secteurs importants. Par exemple, nos dirigeants choisissent d’envoyer leurs enfants étudier à l’étranger, ignorant ainsi les écoles locales qui manquent de ressources et d’infrastructures adéquates. Cela témoigne d’un manque de confiance dans le système éducatif national et entrave son développement. De plus, l’équipe nationale de football ne compte fréquemment aucun joueur issu de notre championnat local, ce qui démontre un manque de valorisation des talents nationaux et nuit au développement du sport dans le pays. Enfin, le secteur agricole, censé promouvoir l’autosuffisance alimentaire, est entravé par des importations massives de produits tels que le riz, au lieu de soutenir la production locale.

Il est crucial que nos dirigeants donnent l’exemple en scolarisant leurs enfants localement. En investissant dans les écoles nationales et en soutenant l’éducation locale, nos dirigeants pourraient élever notre système éducatif tel un phare guidant les jeunes générations vers un avenir brillant, plutôt que de les laisser voguer à la dérive dans les eaux tumultueuses de l’ignorance. En donnant à nos écoles les moyens nécessaires, nous pourrions cultiver des esprits comme des jardins florissants, où chaque étudiant est une graine qui trouve sa place, s’épanouit et répand sa beauté unique dans notre société. Lorsque nous mettons notre confiance dans notre propre système éducatif, nous construisons des fondations solides sur lesquelles repose le développement durable de notre pays.

En privilégiant les joueurs évoluant à l’étranger, nos dirigeants nuisent au développement du football national. En valorisant et en investissant dans le championnat local, nos dirigeants pourraient cultiver un jardin sportif florissant, où les talents nationaux éclosent tels des « syli » majestueux, portant avec fierté les couleurs de notre équipe nationale. Plutôt que de chercher ailleurs des joueurs pour renforcer nos rangs, regardons au sein de notre propre terre fertile, où les jeunes athlètes peuvent se développer et incarner la fierté nationale. En donnant aux sportifs guinéens les opportunités et les ressources dont ils ont besoin, nous construisons une équipe solide et soudée, prête à défendre nos couleurs avec puissance et grâce sur les scènes nationale et internationale.

Le secteur agricole guinéen, qui a le potentiel de promouvoir l’autosuffisance alimentaire, est entravé par des importations massives de produits tels que le riz, au lieu de soutenir la production locale. En encourageant la consommation des produits agricoles locaux et en irriguant nos champs de connaissances et d’investissements, nos dirigeants pourraient faire éclore une oasis fertile d’autosuffisance, où la Guinée s’épanouit tel un jardin verdoyant, nourrissant son peuple et rayonnant d’une vitalité florissante. Chaque graine semée représente un potentiel abondant, prêt à être récolté et partagé avec nos communautés. En soutenant nos agriculteurs et en investissant dans des infrastructures agricoles modernes, nous construisons un écosystème florissant, où nos ressources naturelles sont mises en valeur et où nous prenons notre place en tant que gardiens de la terre, cultivant une abondance durable pour les générations présentes et futures.

Les évacuations sanitaires des dirigeants guinéens sont un symptôme alarmant du manque d’infrastructures et de services de qualité dans notre pays. Mais imaginez un scénario alternatif où nous disposons de systèmes de santé, d’éducation et de sport de qualité, autosuffisants et bien développés. Dans un tel environnement, les évacuations sanitaires ne seraient quasiment plus nécessaires. Les médecins français, marocains, tunisiens, sénégalais ou ivoiriens et d’autres spécialistes pourraient consacrer leur expertise à leur propre population, sachant que la Guinée est capable de fournir des soins médicaux de classe mondiale à ses propres citoyens. La réalisation d’un tel objectif nécessite des investissements massifs dans nos infrastructures nationales et une volonté politique de promouvoir l’excellence locale. En renforçant nos capacités internes, nous ne serions plus dépendants des évacuations sanitaires et nous serions en mesure de montrer au monde notre réussite et notre autosuffisance.

Les évacuations sanitaires des dirigeants guinéens sont un frein au développement national, tant dans le secteur de la santé que dans d’autres domaines clés tels que l’éducation, le sport et l’agriculture. En privilégiant les soins à l’étranger et en négligeant les infrastructures et les ressources locales, nos dirigeants envoient un message de méfiance envers nos propres institutions et entravent la progression de notre pays. Il est essentiel de remédier à cette situation en investissant dans nos infrastructures nationales, en valorisant les talents locaux et en favorisant l’autosuffisance dans divers secteurs. Il est temps de construire un avenir solide pour la Guinée, où le développement national est une priorité incontestée.

Quand le waraba se bat contre ses propres démons, il retrouve sa force et inspire la fierté de la savane. Alors, en tant que citoyens guinéens, ne devrions-nous pas exiger que nos dirigeants se confrontent à leurs responsabilités et prennent soin de notre nation, de la même manière que le lion protège son royaume ?

Ousmane Boh Kaba

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